Le chocolat est-il aphrodisiaque ?

Le chocolat est-il aphrodisiaque ?

 Idée préconçue ? rumeur ? réalité ?

Depuis la découverte de cet aliment plaisir, la réputation « aphrodisiaque » du chocolat a toujours amusé les amoureux du chocolat… Aujourd’hui, cette réputation interroge et ne cesse de faire naître des débats animés entre amis. Il est vrai que le chocolat renferme plusieurs substances stimulantes (cf. article sur les vertus du chocolat), mais elles ne sont présentes qu’en quantités très faibles et insuffisantes pour affirmer scientifiquement que le chocolat est aphrodisiaque.

Pourtant, la rumeur est bien là ! A la recherche d’une réponse à cette fameuse question « le chocolat est-il aphrodisiaque ? » que l’on me pose à chaque fois que je parle de chocolat, je tente ici de vous apporter quelques éléments de réponse !

Les livres d’histoire sur le chocolat racontent que, déjà du temps des Aztèques, le chocolat était bu sous forme de boisson (mélange d’eau, cacao, maïs, épices diverses) et avait la réputation d’être un excitant sexuel. Au 16e siècle, on racontait même que l’empereur Moctezuma appréciait particulièrement le chocolat, préparé sous forme de boisson fortement épicée et réalisée à partir de fèves de cacao broyées, d’eau et d’épices diverses (clous de girofle, piments, poivres, etc.).

Il lui attribuait des pouvoirs aphrodisiaques, au point d’en consommer jusqu’à 50 tasses par jour avant de rejoindre et honorer son harem. Cet effet était-il dû au cacao ou aux épices, ajoutés à la préparation ? Mystère… Le cacao qui nous vient du Mexique, ne s’est répandu que tardivement en France. Marie-Thérèse, infante d’Espagne et épouse de Louis XIV, l’introduisit à la cour de France.

Trembleuse - Tasse de chocolatA cette époque, le chocolat n’était consommé que sous la forme d’une boisson. Seule l’élite de la société pouvait s’offrir le luxe de le déguster dans les salons privés ou boudoirs et à la cour de France. Il était consommé dans des tasses de chocolat, appelées « trembleuses ». Spécialement conçu avec un rebord en relief pour être bu dans le lit avant de se coucher et éviter que la tasse ne glisse…

Friandise ou fortifiant, la mode du chocolat se répandit avec la conviction que le chocolat était bon pour la santé, comme en témoigne une lettre de Madame de Sévigné qui écrit, en février 1671, à sa fille, Madame de Grignan : « Vous ne vous portez pas bien, le chocolat vous remettra ».

Famille Penthièvre buvant du chocolat chaudPendant le règne de Louis XIV, la noblesse française traversait une époque plutôt libertine et cette réputation de mets aphrodisiaques redevint à la mode en Europe et, en particulier, en France.. Tout le monde s’adonnait au chocolat chaud et la littérature de l’époque abonde de métaphores sensuelles, liées à cette boisson, notamment à travers les écrits du Marquis de Sade. Sans oublier le célèbre Casanova qui considérait le chocolat chaud comme « un élixir d’amour ».

Côtés femmes, les favorites de Louis XV ont elles aussi relancé au plus haut point la réputation aphrodisiaque du chocolat : on raconte que la Marquise de Pompadour (1) utilisait le chocolat pour « s’échauffer le sang », car le roi la trouvait « froide comme une macreuse (2) », tandis que la Comtesse Du Barry (3), considérée au contraire comme « insatiable », faisait consommer du chocolat à ses amants pour les rendre aussi excités qu’elle…

Maintenant, on comprend mieux d’où vient cette réputation « aphrodisiaque » du chocolat, n’est-ce pas ? Quoi que l’on en dise, cette boisson ancestrale a su garder toute sa sensualité et volupté qui nous séduisent encore aujourd’hui et nous invite à y tremper les lèvres avec raffinement et gourmandise…

ChocoDémo au Salon du Chocolat 2008

 

C’est d’ailleurs ce que Sébastien Bauer, Chef Pâtissier d’Angélina, a voulu faire partager au public lors du dernier Salon du Chocolat en novembre 2008.

Réalisée en collaboration avec Argania, maison spécialisée dans l’huile d’argan et les épices rares, Sébastien a présenté sa recette inédite de chocolat chaud aux épices aphrodisiaques que l’on peut déguster sans modération dans le célèbre Salon de thé parisien, rue de Rivoli.

Victoire Finaz

 


(1) Principale favorite (maîtresse) de Louis XV.

(2) Grand canard au plumage foncé, provenant des eaux nordiques et qui fréquentent les côtes françaises durant la période de l’été où ils s’alimentent de crustacés.

(3) Une autre favorite du roi Louis XV.

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A propos de l’auteur

Victoire Finaz - Expertise chocolatPassionnée et amatrice de chocolats fins, Victoire Finaz ne cesse de déguster et éduquer son palais au fil de ses voyages et rencontres avec les chocolatiers français et étrangers. Elle partage son expertise au cours des ateliers de dégustation qu'elle anime pour les entreprises et les particuliers et nous fait vivre l'actualité du chocolat à travers son blog.

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